Êtes-vous assez éveillé ?
Le but du présent article est d’amener à vous questionner sur ce qu’on vous a appris, à remettre en question des opinions acquises ou mal fondées et vues comme une vérité.
Chapitre 1. Le camouflage de la vérité
Lorsqu’on vous présente un événement d'actualité, vous demandez vous à qui cela profite t-il réellement ? Les médias sont-ils exhaustifs dans la présentation de l’information? Conservateur, libéral, de gauche de droite peut importe le parti, la formule est la même : mensonge, propagande et manipulation.
Dans les dictatures, la propagande sert à instaurer un régime ou une autorité: à la faire accepter. En occident, la propagande est camouflée sous forme de communication politique. Par le biais de la communication politique, on propage des «idées» et on «forme» les convictions des gens grâce à la persuasion et l’influence des médias. La propagande influence consciemment ou inconsciemment, les convictions, les valeurs, (plus ou moins partagées), les jugements, les préjugés et les croyances d’un individu et de la société. Elle est à la base de l’opinion publique. (Voir l’article Les médias et l’opinion publique)
1.1 L’opinion publique
Ce qu’on croit être l’opinion publique est en fait une «idée» soigneusement conçue (et ou orchestrée par un groupe de personnes), destinée à provoquer un comportement ou une réaction désirée de la population. Jusqu’à aujourd'hui, les médias et les politiciens utilisent différentes techniques (la censure moderne, le conditionnement, l'émotionnel des gens) afin d’amener les gens à adhérer à leurs idées. Dans ce contexte, l’opinion publique ressemblerait à l’ensemble des croyances de la population influencée par les politiciens et les médias de masse. Pour plus de détails sur les techniques utilisées par ces derniers voir l’article: Les stratégies de manipulation.
Le fait qu’une majorité de gens adhèrent à une valeur, une croyance, une idéologie, ne la rend pas nécessairement vraie. (ex: l'idéologie des nazis; la supériorité d’une race). La propagande n’est pas fondée, elle «cache» l’information essentielle. Pour rejeter une croyance fausse, il faut prêter attention à ces fondements; en la questionnant, la critiquant et la vérifiant avant de la reconnaitre comme vraie. Pour mieux comprendre l’impact de la propagande sur l’opinion publique, lisez l’article Pourquoi nos pays sont-ils en guerre? où les motifs des guerres actuelles au Moyen-Orient sont remis en question.
1.2 Opinion et fait, est-ce pareil? : Faire la différence entre objectivité et subjectivité
Un fait est une donnée objective. Au contraire, l’opinion s’apparente à un jugement, une affirmation relevant de la subjectivité d’un individu. Une opinion ou une «affirmation gratuite» est quelque chose de personnel, alors qu’un fait est basé sur un raisonnement rigoureux et peut-être vérifié par tous. Et si nos croyances actuelles s'avéraient fausses? Afin de le savoir, il faut chercher à voir plus loin que ce qu’on a appris; en étant sceptique et en faisant usage de notre «bon sens».
Chapitre 2. La rationalité vs la manipulation
2.1 Le débat politique: que cherche t-on vraiment?
Les débats politiques constituent de bonnes opportunités pour les politiciens pour faire valoir leur idées. En politique, les débats permettent aux politiciens de faire connaitre leurs convictions et de les propager. S’ils sont convaincant, il peuvent gagner l’appui du peuple et l’amener à adherer à son parti. Lorqu’on est convaincant en apparence, mais que nos paroles sont sans fondements, a-t-on nécessairement raison ? Pour justifier leurs positions, convaincre la population, triompher dans les débats et gagner l’opinion publique, les sophismes (des raisonnements douteux) sont fréquemment utilisées par les politiciens. D’après une analyse quantitative de trois débats impliquant George Bush, Bill Clinton et Ross Perot dans Les débats télévisés entre candidats à la présidence américaine, l’auteur, Anne-Marie Gingras analyse l'argumentation des candidats à la présidence américaine, et révèle que : « environ 800 fallacies (erreurs de raisonnement) ont été identifiées lors des trois débats qui ont duré chacun une heure trente minutes, soit une moyenne d’environ 265 par débat [...] » (1) Aujourd’hui, de plus en plus de gens sont désillusionnés par les promesses des politiciens; ceux-ci ressemblent à des «sophistes» par leur façon de s’exprimer.
Dans le dictionnaire Lexilogos, on décrit le sophiste comme un : « Maître de rhétorique et de philosophie enseignant la sagesse, l'art de parler en public, la science du raisonnement [...] Il s’agit aussi d’une « Personne utilisant des sophismes, des arguments ou des raisonnements (douteux), pour tromper ou faire illusion. » (2) Les politiciens sont-ils vraiment des sophistes?
2.2 Démasquer les beaux parleurs
Les sophistes, qui enseignent l’art de la parole, ont su montrer que tout peut recevoir une argumentation persuasive et convaincante. Constantin Salavastru, auteur et philosophe, explique l’utilisation de sophismes dans le discours politique: « la vérité était remplacée – dans cet art de “bien parler” – par la beauté […] (et) nous assistons à une tromperie : le récepteur est induit en erreur. » (3) « Ces erreurs de raisonnement, ainsi que celles d’argumentation, portent le nom de sophismes. Par conséquent, nous pouvons influencer quelqu’un d’autre en présentant des raisonnements ou des argumentations qui sont corrects en apparence (et le récepteur les considère comme tels) mais qui ne sont pas corrects en réalité. Nous sommes, donc, devant une situation de manipulation par des moyens d’ordre rationnel conclut l’auteur. » (3)
Il est temps de prendre des mesures remettre en question notre système de valeurs, de douter, de reconnaitre les raisonnements faux et les opinions. Il est temps de faire usage de notre «bon sens» et de nos capacités rationnelles afin de prendre les meilleures décisions sur des sujets qui nous concerne tous. Dans le prochain article: Pourquoi nos pays sont-ils en guerre? (Chapitre 2) les motifs de l’invasion américaine au Moyen-Orient seront abordés pour montrer l'efficacité de la propagande et des sophismes lorsque le but est de gagner l’appui de la population en contrôlant l’opinion publique.
Bibliographie :
1. (Anne-Marie Gingras, Les débats télévisés entre candidats à la présidence américaine, dans : Argumentation et rhétorique (II), Hermès, 16, Paris, 1995, p. 190).
2. http://www.cnrtl.fr/definition/sophiste
3. http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1656